Ils trouvent humiliant les propos tenus à leur endroit par Martin Mbarga Nguélé, lors de sa tournée de prise de contact.
Il est davantage devenu difficile pour les automobilistes de circuler dans Yaoundé depuis un certain temps. Les embouteillages ont repris pignon sur rue, même en dehors des heures dites de pointe. Il faut désormais s'armer de beaucoup de patience pour aller d'un coin à l'autre de la ville. Au reporter de La Météo qui fait la remarque à bord d'un taxi, le chauffeur lui explique : "Les policiers ne sont plus très présents au niveau des carrefours. Et lorsqu'ils y sont, ils ne travaillent plus beaucoup comme avant. Regardez par exemple au carrefour Mvog-Mbi où il y a un poste de police, c'est devenu très difficile de voir un policier diriger la circulation pendant plus de 20 minutes. Ils arrivent généralement lorsqu'il y a blocage. Mais dès que la situation se décante un tout petit peu, ils repartent aussitôt", conclut-il. A la suite de cette ob-servation, plusieurs équipes du journal de la Rue Dakar se sont déployées sur le terrain afin de s'enquérir de la situation. Il en ressort que les hommes en tenue ont effectivement déserté les carrefours et les lieux de grande circulation. Ils y font des apparitions sporadiques. Et lorsqu'il pleut comme c'est le cas ces derniers jours, ils deviennent invisibles ou presque.
A la question de savoir ce qui peut être à l'origine d'une telle désinvolture, une source proche des milieux de la Police nous apprend : ''Les policiers n'ont pas beaucoup apprécié les discours prononcés par le Délégué général à la Sûreté pendant sa tournée de prise de contact. Beaucoup se sont sentis insultés par leur patron''. Un officier de police ayant requis l'anonymat ajoute : ''Est-ce que le boss avait vraiment besoin de livrer ses éléments à la vindicte populaire. C'est un haut commis de l'Etat et il sait bien comment peuvent se régler les problèmes de notre corps. Pas besoin de ce genre de mauvais cinéma qui crée plutôt d'autres problèmes au lieu d'en trouver des solutions''. Notre informateur de poursuivre : ''En tant qu'ancien policier, il connaît bien nos difficultés. Les tenues que nous portons, nous les achetons. Nous payons de grosses pensions pour toutes nos formations. Parfois, pour une intervention, c'est nous même qui achetons le carburant lorsque nous ne le demandons pas simplement aux usagers. Où est passé le carburant de la police ? Alors que nous sommes en sous-effectif, nos éléments somnolent en longueur de journée devant les entreprises de transferts d'argent et des micro- finances. Où va l'argent généré par ces postes de gardes ?''.
CHANTAGE. En effet, lors de son périple dans les délégations régionales, Martin Mbarga Nguélé, le nouveau Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn), n'a pas mis les gants pour fustiger le comportement déshonorant pour le moins de ses hommes, pour la plupart. Les taxant parfois de ''mendiants publics''. A Maroua, il a clairement indiqué qu'il ne voulait plus de cette : ''Mendicité publique, pratiquée à ciel ouvert, par le policier, qui pourtant jouit de sa rétribution normale''. Aux chefs d'unité, l'ancien ambassadeur a demandé d'éduquer et de contrôler leurs éléments tout en prêchant eux-mêmes par de bons exemples". Et le patron de la police d'ajouter : "Un policier qui harcèle, arnaque ou oppresse les populations ne peut espérer leur collaboration". Le Dgsn exige désormais discipline et rectitude morale à ses hommes. Pour ce faire, le septuagénaire a pris des mesures fortes : plus de contrôle de police en journée dans l'espace urbain, plus de retrait de pièces d'identité ou du dossier de véhicule n'importe comment. Pour Clément N., taximan à Yaoundé, c'est même là la véritable raison de cette vraie fausse colère des policiers. Il appuie son propos en indiquant : ''On leur a enlevé le gombo de la bouche puisque c'est au cours de ces contrôles qu'ils nous arrachaient les milles Fcfa pour entretenir leurs multiples copines et assurer leurs cotisations''. Pour Emmanuel, professeur de lycée : ''C'est du chantage gratuit que font les policiers. Le Dgsn a juste dit tout haut ce que tout le monde disait tout bas. Les hommes en tenue n'ont pas connu de baisse de salaires et ont conservé tous leurs avantages, mais curieusement c'est l'un des corps de métier les plus corrompus au Cameroun. Les policiers sont d'une mendicité agressive. Même devant les étrangers dans nos ports et aéroports, ils exposent leurs gloutonneries, donnant une mauvaise image du Cameroun''. Pour une autre source proche des milieux de la Police : "Martin Mbarga Nguélé est là pour y remettre de l'ordre. Il est tout à fait normal qu'il fasse des mécontents parmi les commissaires, officiers et hommes de rang qui s'adonnent à cœur joie au désordre, à l'arnaque et à la corruption".
Et le "vieux" qui à l'observation, a le soutien des Camerounais qui accueillent avec satisfaction, sa capacité à pouvoir redorer par tous les moyens, le blason de ce corps jadis prestigieux, doit donc aller jusqu'au bout de sa logique. Pour que ça change (enfin ?) à la Police!
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