vendredi 3 juin 2011

Océan: Les Bulu basculent progressivement dans l'opposition

Après le boycott des festivités marquant le 28e anniversaire de l'accession de Paul Biya à la magistrature suprême, par les populations d'Akom II, les jeunes de Niete s'apprêtent à couper la route d'Hevecam. Ceux de Kribi approuvent.


Alors qu'on croyait lointaines les images des émeutes de février 2008, Akom II, chef lieu de l'arrondissement du même nom dans le département de l'Océan, région du Sud, vient d'être le théâtre d'une vive protestation. C'était le 06 novembre dernier, à l'occasion du 28e anniversaire du Renouveau. La scène rappelle les années de braise: pneus brûlés au milieu de la chaussée, route bloquée, barricades, pont démonté, des jeunes dans la rue, poteaux électriques détruits... Les populations de cette localité fortement enclavée ont empêché les délégués du comité central du Rdpc de tenir la moindre manifestation pour l'an 28 de Paul Biya au palais de l'Unité. Selon des informations parvenues à La Météo et recoupées à bonnes sources, la veille, c'est-à-dire le 05 novembre, Paul Henri Amvam Zollo, recteur de l'université de Ngaoundéré et délégué du comité central, aurait proposé 500.000 Fcfa aux jeunes pour éviter le clash. Une proposition très vite rejetée.

En effet, privées d'énergie électrique depuis près de 4 mois, les populations sont très remontées contre les élites du coin, apprend-on. Il était donc question de ne pas leur donner l'occasion de faire la moindre déclaration. Car, par le passé, elles ont beaucoup plus brillé par des promesses non tenues. Les populations d'Akom II leur reprochent également une absence quasi permanente au niveau de la base, à tel point que pour le simple championnat de vacance, c'est un jeune dynamique du coin qui s'en occupe. Une véritable humiliation pour Paul Henri Amvam Zollo, Marthe Angeline Minja (ex secrétaire général du ministère du Tourisme), Npkwang Roger (Dga de la Sodecao) et le député Martin Oyono. Ces derniers se rejettent la responsabilité entre eux. Nous y reviendrons certainement pour établir la culpabilité des différentes élites dans ce fiasco de la honte. Mais au lendemain de cette furie, les jeunes de Kribi ont tenu à marquer leur soutien à ceux d'Akom II. Ils seraient soutenus, murmure-t-on, dans cette initiative par le président de section Rdpc Océan Sud, Grégoire Mba Mba. Joint au téléphone, alors que nous allions sous presse, ce dernier n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet, rétorquant au reporter de La Météo: "Mon frère, mon frère, même un dimanche ?". Peut-être une manière d'éviter d'en parler en ce moment (délicat) où le prince est de retour au pays.

La tension était également palpable cette fin de semaine à Niete, autre arrondissement de l'Océan, région du Sud. Concertations entre jeunes, réunions par ci, tractations par là: l'heure était grave. Selon nos sources, les jeunes du coin s'apprêtent à descendre dans la rue, avec pour principal objectif, interrompre le trafic routier entre Kribi et l'agroindustriel Hevecam. A l'origine de leur courroux, la récente distribution des plantations d'hévéa aux riverains par Hevecam. Les populations villageoises estiment avoir été lésées au profit de la grande élite du coin qui s'est comme d'habitude tapée la part du lion, même pour ce qui doit appartenir aux villageois. Sur les 38 lots distribués, les personnes résidant effectivement dans les environs d'Hevecam n'ont rien obtenu ou presque. L'essentiel revenant à ce qu'on appelle ici la "diaspora".

Approché, un jeune de la localité indique:"Est-ce que nos aînés avaient encore besoin de cela ? Nous vivons dans une extrême pauvreté ici, mais dès qu'une petite opportunité s'offre à nous, ils quittent leurs bureaux climatisés pour venir s'accaparer de tout. Ces gens n'aident personne, ils arrachent nos terres pour faire leur plantation. S'agissant du comice par exemple, c'est leur affaire, ils ne nous impliquent pas. Mais ils nous demandent de les soutenir dans leurs histoires de politique. Nous allons faire comme les gars d'Akom Il". Telle une traînée de poudre, cette grogne est en train de gagner toute la région du Sud au moment où un mémorandum est en préparation. Chaud devant!

GROGNE : Des policiers en colère contre leur patron

Ils trouvent humiliant les propos tenus à leur endroit par Martin Mbarga Nguélé, lors de sa tournée de prise de contact.

Il est davantage devenu difficile pour les automobilistes de circuler dans Yaoundé depuis un certain temps. Les embouteillages ont repris pignon sur rue, même en dehors des heures dites de pointe. Il faut désormais s'armer de beaucoup de patience pour aller d'un coin à l'autre de la ville. Au reporter de La Météo qui fait la remarque à bord d'un taxi, le chauffeur lui explique : "Les policiers ne sont plus très présents au niveau des carrefours. Et lorsqu'ils y sont, ils ne travaillent plus beaucoup comme avant. Regardez par exemple au carrefour Mvog-Mbi où il y a un poste de police, c'est devenu très difficile de voir un policier diriger la circulation pendant plus de 20 minutes. Ils arrivent généralement lorsqu'il y a blocage. Mais dès que la situation se décante un tout petit peu, ils repartent aussitôt", conclut-il. A la suite de cette ob-servation, plusieurs équipes du journal de la Rue Dakar se sont déployées sur le terrain afin de s'enquérir de la situation. Il en ressort que les hommes en tenue ont effectivement déserté les carrefours et les lieux de grande circulation. Ils y font des apparitions sporadiques. Et lorsqu'il pleut comme c'est le cas ces derniers jours, ils deviennent invisibles ou presque.

A la question de savoir ce qui peut être à l'origine d'une telle désinvolture, une source proche des milieux de la Police nous apprend : ''Les policiers n'ont pas beaucoup apprécié les discours prononcés par le Délégué général à la Sûreté pendant sa tournée de prise de contact. Beaucoup se sont sentis insultés par leur patron''. Un officier de police ayant requis l'anonymat ajoute : ''Est-ce que le boss avait vraiment besoin de livrer ses éléments à la vindicte populaire. C'est un haut commis de l'Etat et il sait bien comment peuvent se régler les problèmes de notre corps. Pas besoin de ce genre de mauvais cinéma qui crée plutôt d'autres problèmes au lieu d'en trouver des solutions''. Notre informateur de poursuivre : ''En tant qu'ancien policier, il connaît bien nos difficultés. Les tenues que nous portons, nous les achetons. Nous payons de grosses pensions pour toutes nos formations. Parfois, pour une intervention, c'est nous même qui achetons le carburant lorsque nous ne le demandons pas simplement aux usagers. Où est passé le carburant de la police ? Alors que nous sommes en sous-effectif, nos éléments somnolent en longueur de journée devant les entreprises de transferts d'argent et des micro- finances. Où va l'argent généré par ces postes de gardes ?''.

CHANTAGE. En effet, lors de son périple dans les délégations régionales, Martin Mbarga Nguélé, le nouveau Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn), n'a pas mis les gants pour fustiger le comportement déshonorant pour le moins de ses hommes, pour la plupart. Les taxant parfois de ''mendiants publics''. A Maroua, il a clairement indiqué qu'il ne voulait plus de cette : ''Mendicité publique, pratiquée à ciel ouvert, par le policier, qui pourtant jouit de sa rétribution normale''. Aux chefs d'unité, l'ancien ambassadeur a demandé d'éduquer et de contrôler leurs éléments tout en prêchant eux-mêmes par de bons exemples". Et le patron de la police d'ajouter : "Un policier qui harcèle, arnaque ou oppresse les populations ne peut espérer leur collaboration". Le Dgsn exige désormais discipline et rectitude morale à ses hommes. Pour ce faire, le septuagénaire a pris des mesures fortes : plus de contrôle de police en journée dans l'espace urbain, plus de retrait de pièces d'identité ou du dossier de véhicule n'importe comment. Pour Clément N., taximan à Yaoundé, c'est même là la véritable raison de cette vraie fausse colère des policiers. Il appuie son propos en indiquant : ''On leur a enlevé le gombo de la bouche puisque c'est au cours de ces contrôles qu'ils nous arrachaient les milles Fcfa pour entretenir leurs multiples copines et assurer leurs cotisations''. Pour Emmanuel, professeur de lycée : ''C'est du chantage gratuit que font les policiers. Le Dgsn a juste dit tout haut ce que tout le monde disait tout bas. Les hommes en tenue n'ont pas connu de baisse de salaires et ont conservé tous leurs avantages, mais curieusement c'est l'un des corps de métier les plus corrompus au Cameroun. Les policiers sont d'une mendicité agressive. Même devant les étrangers dans nos ports et aéroports, ils exposent leurs gloutonneries, donnant une mauvaise image du Cameroun''. Pour une autre source proche des milieux de la Police : "Martin Mbarga Nguélé est là pour y remettre de l'ordre. Il est tout à fait normal qu'il fasse des mécontents parmi les commissaires, officiers et hommes de rang qui s'adonnent à cœur joie au désordre, à l'arnaque et à la corruption".

Et le "vieux" qui à l'observation, a le soutien des Camerounais qui accueillent avec satisfaction, sa capacité à pouvoir redorer par tous les moyens, le blason de ce corps jadis prestigieux, doit donc aller jusqu'au bout de sa logique. Pour que ça change (enfin ?) à la Police!

La femme d’affaire Françoise Foning soupçonnée de meurtre

femme d’affaire et maire d’une commune de Douala, Françoise Foning est soupçonnée du meurtre d’ Emmanuel Simo, homme d’affaires et conseiller municipal à Douala. Selon la famille et les proches du défunt, il aurait été victime de son affront contre la mairesse de Douala Ve. L’incriminée crie à la diffamation.

Décédé le 11 juillet dernier à l’hôpital général de Douala des suites d’une longue maladie, Emmanuel Simo, homme d’affaires et conseiller municipal à Douala Ve, a été mis sous terre le 06 août 2010 à Badjoun. Dans l’entourage du défunt et dans certains milieux politico-économiques, on ne fait point de mystère sur les causes de son décès. Il se raconte sous cape qu’il aurait été victime de sorcellerie. Un doigt accusateur est pointé vers Françoise Foning, mairesse de la municipalité, dont il était conseiller. Des sources proches de la famille indiquent que l’aide proposée par la mairie de Douala Ve aurait été refusée par les proches du défunt. Et, l’absence de ‘’Mââ Foning’’ aux obsèques est perçue comme un acte d’aveu de culpabilité.

Approchée en fin de semaine dernière par La Météo, Françoise Foning est formelle :’’Les gens doivent avoir peur de Dieu avant d’avancer certains mots. Si des gens sont capables de dire du n’importe quoi sur autres, moi j’ai la crainte de l’Eternel. Moi je réfléchis toujours par deux fois avant de poser un acte. C’est moi qui ai fait d’Emmanuel Simo l’homme politique qu’il était devenu, je l’ai tenu par le bras ; je l’ai introduit au Rdpc. Il était un de mes hommes de confiance. D’ailleurs, quand j’ai fait un accident de circulation en 2003, j’ai demandé qu’il assume l’intérim alors qu’il n’était que 3e adjoint au maire. Dire aujourd’hui que c’est moi qui l’ait tué, c’est du n’importe quoi’’. A propos de son absence aux cérémonies funèbres, elle avoue : ’’Je reconnais que j’étais absente à l’enterrement, mon emploi du temps ne me le permettait pas. J’avais beaucoup de choses à faire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Mais, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour ces obsèques. J’ai fait ce qu’un homme peut faire lorsqu’il perd un être qui lui est cher’’.

LUNE DE MIEL

En effet, Emmanuel Simo et Françoise Foning commence à se fréquenter en 1996. "C’est à cette date que j’ai été découvert par Françoise Foning, lorsque j’ai construit le pont de Missokè pour mettre fin au calvaire des populations où les enfants s’y noyaient régulièrement. Dès que j’ai fini la construction du pont sur fonds propres, Françoise Foning est arrivée sur les lieux avec une équipe de journalistes et d’autorités administratives, pour l’inauguration. Dès ce jour, elle a fait ma connaissance à un niveau le plus élevé, parce qu’elle s’est rendue compte que j’étais capable de faire beaucoup de choses", reconnaissait Emmanuel Simo dans une interview. Par la suite, les deux personnages qui habitent par ailleurs le même quartier à Douala auront des rapports de plus en plus étroits.

Contre toute attente, le clash intervient en novembre 2008, après les municipales partielles à Douala Ve, lorsque Emmanuel Simo décide de se porter candidat à la tête de cette municipalité, contre Françoise Foning. Les deux premières tentatives d’élection se soldent par des échecs. Deux délégations du comité central du Rdpc tentent de trouver un consensus entre les rivaux. La première conduite par Jean Bernard Ndongo Essomba, le président du groupe parlementaire du Rdpc se solde par un échec. La seconde, sous la direction de Paul Célestin Ndembiyembe n’obtient pas non plus le retrait de la candidature d’Emmanuel Simo.

SORCELLERIE

Entre ces différentes négociations et tractations, on parle également de pratiques mystico-magiques. D’ailleurs, un matin, en arrivant à leur lieu de service, les employés de la mairie de Douala se sont retrouvés face à un spectacle macabre, avec du sang et des grains de riz éparpillés un peu partout, signe d’un sacrifice. Finalement, le 12 novembre 2008, Françoise Foning est portée à la tête de la mairie, au cours d’un simulacre d’élection. Trois semaines après, Emmanuel Simo tombe malade. ‘’La dernière fois que nous avons vu Emmanuel Simo, c’était lors du premier conseil tenu après l’installation du maire. Le conseil était consacré à la constitution des commissions et à la désignation des grands conseillers’’, indique un conseiller municipal du Social democratic front (Sdf). C’est à partir de cette installation que l’homme d’affaires commence à avoir des malaises. Il sera interné à plusieurs reprises à la clinique Muna. ‘’Tous les tests faits à cette clinique étaient négatifs’’, confie l’homme de main d’Emmanuel Simo. C’est finalement en France, qu’on découvre qu’il souffre d’un cancer de l’estomac. Il va suivre une chimiothérapie’’, explique un membre de la famille. Mais, quelques jours après son retour au pays, il rechute. Conduit à l’hôpital général de Douala, il décède quelques jours après.

lundi 30 août 2010

Au cœur des réseaux Biya

Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, dans leur ouvrage à succès Les bonnes Fréquentations, lèvent un pan de voile sur l’histoire secrète des réseaux d’influence. Les deux journalistes françaises offrent aux lecteurs, une extraordinaire visite guidée des réseaux agissant dans la France d'aujourd'hui, des cercles proches du pouvoir, des milieux où se prennent les grandes décisions qui engagent l’Etat. Une visite où l'on croisera des noms célèbres, où sont révélées les coulisses de quelques carrières des plus brillantes. Un véritable who's who de l'influence et du pouvoir. Extrait : ‘’Ils sont économistes, ecclésiastiques, politiciens, journalistes ou grands patrons. Mais ils sont aussi corréziens ou corses. Ou de la même promotion à l'ENA. Ou anciens de Mai 68. Ou passionnés de chasse. Cela les réunit, par-delà les clivages d'opinions, en marge de leur cercle social habituel. Cela peut être utile. Cela
s'appelle : un réseau. Un réseau, c'est moins qu'une société secrète, mais davantage qu'un groupe d'amis. Ce sont des gens que l'ambition, ou l'entraide, ou l'intérêt, ou le besoin d'information - parfois même le désir sincère d'être utile... pousse à se côtoyer. Et il arrive que les plus hautes décisions intéressant l'Etat ou l'économie soient prises au cours de ces rencontres a priori simplement amicales...’’
Au Cameroun, personne ne peut vraiment se targuer d’avoir la totale confiance du chef de l’Etat, ou d’une certaine proximité poussée avec le boss. Tout de même, Paul Biya conserve toujours un cercle restreint, le dernier carré des fidèles à qui il peut se confier, ou, qu’il peut consulter lorsque les circonstances l’exigent. Certains s’amusent souvent à avancer des noms. Mais comme le dit si bien Michel Roger Emvana dans son ouvrage Paul Biya : les secrets du pouvoir,’’l’homme du 6 novembre 1982 a développé le culte du secret. Pourtant, lorsqu’on voit comment s’activent autour de lui les René Owona, Justin Ndioro (tous deux hélas, de regrettée mémoire), René Sadi, Foumane Akame, Laurent Esso, etc., le président du Cameroun, en homme politique secret et mystérieux, a d’autres cercles. Dans ceux-ci, il construit, développe, gère et digère son pouvoir à la tête de l’Etat’’. Jean François Channon indiquait
dans un article publié par le quotidien Le Messager en 2007, ‘’un ministre de la République, apparemment influent dans le sérail politique, nous faisait, dans une gestuelle parlante et captivante, la confidence suivante il y a quelques années : Le chef de l’Etat est là, au-dessus de tous. Les autres sont là en bas, très loin à ses pieds. Tous ceux qui là-bas, au niveau de ses pieds, travaillent pour le Président, et le triomphe absolu de sa politique.” Une telle logique revient à dire que le secrétariat général, le cabinet civil et autres services vitaux de la présidence de la République travaillent pour le président. Et lui, de haut, les regardent faire en sachant que, chacun à son niveau, sait que toute décision finale ne sera que sa volonté. Invisible et omniprésent, il demeure la tour de contrôle et le référent suprême d’une vie politique réglée sur son pouls de marathonien du pouvoir. Et, à l’observation, il
n’existe pas de liens étroits entre Paul Biya et l’essentiel de ceux qui constituent l’appareil gouvernemental. Lors de la visite du pape Benoit XVI au Cameroun, Paul Biya a eu beaucoup de mal à présenter au souverain pontife, le ministre des affaires sociales, Cathérine Bakang Mbock. Il y a également quelques années, après un conseil ministériel, le président de la République avait appelé le ministre de la Jeunesse et Sport de l’époque, Théodore Lando, ‘’Jeune Homme’’, le confondant à un élément de sa garde rapprochée. Alors, question. Comment sont-ils arrivés sur les cimes de l’administration camerounaise ?
Au lendemain de sa prise de pouvoir le 06 novembre 1982, l’homme de Mvomeka’a fait confiance dans un premier temps, aux hommes d’Ahidjo. Ensuite, il injecte progressivement sur l’arène politique, ses anciens camarades des séminaires d’Edéa et d’Akono, du Lycée général Leclerc, et surtout, les jeunes qui étaient à son cabinet lorsqu’il était Premier ministre (Jean Nkuete, Akame Mfoumou, René Owona …). Et, comme il fallait s’y attendre, des cercles d’influences se sont formés autour du président de la République. L’ascension dans la haute sphère étatique se fait désormais par cooptation. Dorénavant, il faut rentrer dans les bonnes grâces de certains parrains à qui Paul Biya fait appel de temps en temps. Car, il faut le reconnaître, le mari de Chantal Vigouroux ne consulte pas tout le monde tout le temps. Et pour mieux contrôler ces réseaux, il crée parfois de petites rivalités. En somme, s’il nomme A
aujourd’hui à tel poste, il le remplace certainement demain par B, appartenant au même réseau. Au grand bonheur du parrain qui verra sa cour se remplir de nombreux courtisans. Qui sont donc ses parrains ?
Paul Biya les recrute essentiellement sur le champ politique, dans le monde des affaires, mais aussi dans la société civile. Sur le plan politique, il y a une génération des longs crayons arrivée aux affaires dans le sillage de Biya, à la fois nationaliste et élitiste, mais vieillissante et en voie de paralysie. Ils sont, obsédés aussi, à quelques exceptions près, par le culte de la discrétion, du mimétisme et du conformisme. On retrouve parmi eux, beaucoup d’anciens ministres. Il y aussi les chefs d’entreprise, leaders incontestés du secteur privé, ces patrons qui font vivre l’économie du pays. Capitaines d’industrie, ils témoignent d’une vitalité et d’un dynamisme indéniables. De quoi pallier l’immobilisme qui caractérise la sphère politique. Dans la société civile, le chef de l’Etat fait énormément confiance aux Chef traditionnels et les patriarches. Confortablement installés, ces rassembleurs d’hommes
symbolisent la richesse de la société camerounaise. Apportant, pour certains, la contradiction et n’hésitant pas à dénoncer certaines dérives, ils sont des leaders d’opinion.
Enfin, on ne saurait oublier ces cercles spirituels et/ou intellectuels. A l’intérieur ou à l’extérieur du pays, ces groupes s’organisent dans un travail acharné, afin que le pilote qu’est Paul Biya maintienne le cap. Quelle que soit la zone de turbulence qu’il traverse. Dans cette édition nous vous proposons en revue, forcément subjective, le dernier carré des amis du chef de l’Etat.





La famille présidentielle
Dans une interview accordé à l’hebdomadaire Germinal, le politologue Eric Mathias Owona Nguini indiquait : ‘’Dans les Républiques africaines post-coloniales construites institutionnellement et politiquement autour de la prédominance impériale et pontificale du président de la République, la famille nucléaire de la personnalité qui incarne ce personnage officiel peut constituer un grand espace pratique et informel du pouvoir’’. Au Cameroun, la réserve et la discrétion des sœurs et frères utérins de Paul Biya contrastent étrangement avec les attitudes un peu bruyantes de certains de ses neveux, ou encore, de l’énergie débordante de son épouse qu’ont dit un peu trop proche de l’exercice du pouvoir.
Chantal Biya ne quitte pas un seul moment son président de mari. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Elle joue désormais un rôle déterminant auprès du “Grand Manitou”. Un véritable pouvoir formel et informel s’est structuré autour d’elle. Un pouvoir à la fois efficace et fragile. Cyrille Etoundi alors directeur général de la Camair ou encore Charles Etoundi alors Ministre d’Etat chargé de l’Education Nationale se crurent intouchables, du fait de leur proximité, un temps avec la première dame. L’ancien ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono, avait visiblement choisi de consolider son pouvoir en “aliénant” une partie des fonds disponibles en faveur de la lutte contre le Sida au profit des initiatives de Chantal Biya dans ce domaine. Ce qui lui a valu l’estime de la première Dame, réputée pour sa gratitude. Un système qui voit émerger certains fils de l’Est et la Haute Sanaga
tels : Joseph Anderson Le, Paulin Abono Moapamb, Bidoung Mkpatt, Messengue Avom, Hilarion Etong…Dans ce dispositif, Jean Stéphane Biatcha, conseiller technique au cabinet civil de la Présidence de la République depuis décembre 2002, secrétaire exécutif de l’association Synergies africaines et secrétaire général adjoint de la Fondation Chantal Biya s’affirme comme une pièce centrale. il est devenu au fil du temps, un véritable spécialiste du “fundraising” pour les activités de bienfaisance de la Première dame. Il a réussi à fidéliser un certain nombre de bienfaiteurs pour le financement de ces activités. Des bienfaiteurs qui attendent en retour, au - delà des honneurs, diverses facilités du régime. André Giacomoni du Pmuc, Zaccheus Mungwe Forndjidam du chantier Naval de Douala, l’exploitant forestier Nassar Bouhadir, Julienne Fotso, adjointe au maire de la commune urbaine de Yaoundé 1er ou encore Claude Juimo Monthe,
font partie de ceux-là qui ont brillé par leur générosité intéressée. Chantal Biya qui ne sait pas cacher ses coups de colère a réussi à s’imposer. Ses humeurs s’apprécient selon la personnalité qui les subit. Martin Belinga Eboutou, alors directeur du Cabinet civil, a été éloigné du Palais en décembre 1997 à la suite de la défiance portée sur lui par la Première Dame. Le commandant Honlong Etienne que les éléments de la direction de la sécurité présidentielle ont surnommé “Cameroun”, en témoignage de son sang froid face aux colères de la Première Dame, avait été affecté à l’Extrême-Nord. Même les frères utérins du chef de l’Etat, grincheux au départ, ont fini par s’aligner derrière l’étoile de Dimako. Bilé Bidjang Martin en sait quelque chose. Seulement, il se raconte dans les couloirs du palais de l’Unité que Paul Biya s’émancipe doucement de sa femme, d’où les retours Holong et de
Belinga Eboutou à la présidence.
Mama Rosette, de son vrai nom Rosette Mboutchouang, mère de Chantal Biya, est au centre d’une cour assidue. Fortement sollicité, elle bénéficie des attentions les plus insoupçonnées de la part de ceux qui veulent accéder au chef de l’Etat en empruntant la voie de son épouse. “Mama Rosette”, la belle mère du chef de l’Etat a vu se constituer autour d’elle, un véritable foyer de trafic d’influence. C’est un canal, paraît-il, efficace pour toucher la Première Dame qui peut directement résoudre certains problèmes en appelant tel membre du gouvernement ou tel directeur général. Elle n’hésite pas elle-même, de le faire quand la conjoncture l’impose. Yves Mbelé, Ondo Ndong en ont fait leur édile.
Meba Pierre, frère cadet du chef de l’Etat, est également cité parmi les membres de la famille présidentielle à qui Paul Biya prête une oreille attentive. Dans certains milieux, on le présente comme le directeur de cabinet civil officieux. Le président de la République apprécie beaucoup la compagnie du dernier des enfants de Mvondo Assam. Ils s’entretiennent parfois pendant de longues heures, et ce dans la chambre du chef de l’exécutif. Seulement, à Mvomeka’a, on le trouve très amorphe et laxiste. Il est tout à fait inutile de lui soumettre un problème. On le compare à Frank Emmanuel Olivier Biya, fils aîné du chef de l’Etat. Ces deux personnages sont présentés comme des gens qui se laissent mener par le bout du nez par leur conjointe. La politique, les honneurs, la grandeur et le trafic d’influence ne les intéressent pas. Pourtant, à coté, Evrard Meba, Bonaventure Mvondo Assam, Martin Bilé Bidjang, Mengue me Mvondo
Marie et Evou Mekou, aimeraient bien être à leur place.




LE GRAND CENTRE
Les ressortissants des régions du Centre, du Sud, et de l’Est sont présentés comme la seconde famille de Paul Biya. Ils jouent un rôle important autour du pouvoir central. A titre d’exemple le ministère des Finances est gérer par les ressortissant des régions du Centre et du Sud depuis près de 20 ans, les fils de l’Est sont à la tête du ministère de la Fonction publique, le Sud lui tout seul a eu 05 secrétaire généraux à la présidence, 5 ministre de la défense… Certains patriarches de cette région sont considérés comme les véritables parrains du régime Biya.
Ferdinad Leopold Oyono. En 1997, après la visite du chef de l’Etat à Kribi, Philémon Ntyam Ntyam, président fondateur de la Presby se brouille avec Martin Belinga Eboutou. Le jeune étudiant est soupçonné d’avoir fait parvenir à la presse, des informations selon lesquelles, le directeur du cabinet et non moins directeur de protocole du président de la République aurait détourné une enveloppe de 75 millions de Fcfa, envoyée par Paul Biya au mouvement jeune qui porte son nom. Ntyam Ntyam est expulsé du camp sic Messa où il était logé, il est persécuté. Le jeunot veut faire la lumière dans l’affaire. Il appelle le général Angouand (directeur du Cener à l’époque) au secours, pour une enquête approfondie. Quelques jours après, l’officier supérieur de l’armée lui aurait indiqué que l’affaire était un peu plus grave, c’est un combat d’alter ego nécessitant l’intervention de quelqu’un de plus influent que
Martin Belinga Eboutou. Philémon Ntyam Ntyam est désarçonné et comprend que seul le chef d’Etat est son ultime recours. Il écrit à Paul Biya. Mais comment lui faire parvenir la lettre à main propre sans que le Dcc ne soit au courant. Un patriarche du Sud lui indique que : ‘’il n’existe que trois facteurs pour cette tâches, à savoir, Leopold Ferdinand Oyono, René Owona et Cherel Albert Mva’’. Le président de la Presby se rend à Mvomeka’a où il réussit à mettre la main sur les deux premiers cités, originaires de la Mvila comme lui. Le lendemain, il sera reçut par le président de la République. Ce trio formait le dernier cercle des intimes. Et, depuis les décès de René Owona et Cherel Atbert Mva, le vieux nègre est resté le seul compagnon du chef de l’Etat dans son Sud natal. C’est plus l'ami que le collaborateur administratif qui émet des avis décisifs sur les sujets sensibles de la politique de la nation. Il
est l'un des rares à pouvoir " placer " auprès de son ami Paul Biya, qui à un poste de ministre, qui à un autre poste dans la haute administration. De la génération des Biyaïstes originaires du Sud arrivés au gouvernement courant les années 80, il est le seul qui reste dans les bonne grâce du président de la République. Bien plus, son disciple Jacques Fame Ndongo est devenu le ministre Beti le plus ancien au grade le plus élevé. On lui impute la déchéance de certains de ses congénères, au profit de l’éclosion de certains membres du G11. Affaibli par le poids de l’âge et la maladie, il reste très proche des cercles du pouvoir.

René Emmanuel Sadi, la carte secrète ?
Sur la liste des potentiels dauphins de Paul Biya, le nom de René Sadi est souligné à grands traits depuis le 4 avril 2007, date ou il a été nommé secrétaire général du comité central du Rdpc cumulativement avec ses fonctions de secrétaire général adjoint à la présidence de la République et conseiller du chef de l’Etat dans le domaine de la diplomatie. Né en 1948 à Maroua dans l’Extrême Nord du Cameroun, René Emmanuel Sadi a passé un bout de son enfance à Meiganga (département du Mbéré, province de l’Adamaoua) avant de faire ses classes au collège de Mazenod de Ngaoundéré. D’ethnie Babouté (ethnie que l’on retrouve à la fois dans le Centre- Mbam et Kim, Haute Sanaga- et l’Adamaoua), René Sadi est, de l’avis de nombre d’observateurs, un trait d’union entre le sud et le nord-Cameroun. Il présente en outre l’atout de connaître la plupart des apparatchiks de la région et d’avoir été l’un des plus
proches et fidèles collaborateurs de l’ex-chef de l’Etat Ahmadou Ahidjo. " Loyal vis-à-vis de l’ancien homme fort du pays, il l’est également vis-à-vis de son mentor Paul Biya ", affirme un militant du Rdpc. C’est donc dire que les nostalgiques de l’ancien régime de la région pourraient trouver en ce diplomate un pion idéal.

Martin Belinga Eboutou. Parti du cabinet civil de la présidence de la République en
1997, pour incompatibilité d’humeur avec la première dame, il fait un retour en force et occupe à nouveau ce poste depuis le 30 juin 2009. La crise de confiance autour du chef de l’Etat l’aurait-il poussé à se retourner vers ses vieux amis d’antan. Avec les fuites d’informations récurrentes à la présidence, l’affaire de la mallettes de souveraineté volée à Genève, l’on comprend pour quoi le grand manitou a du mal à remplacer Benae Mpecke, et, rappelle le longiligne de Zoetelé à la maison. En effet, Martin Belinga Eboutou est un ami de la première heure. C’est l’un des tous premiers confidents de Paul Biya en tant que président. Son avis sur certains dossiers importants compte énormément.

Pierre Semengue et Benoît Asso’o Emane. En Afrique, l’armée est un rempart solide pour le pouvoir exécutif. Chaque chef d’Etat possède ‘’ses hommes’’ dans l’armée. Au Cameroun, les généraux Pierre Semengue et Benoît Asso’o Emane sont présentés comme les hommes de Paul Biya. En plus du général Germanos, ils les conseillers du chef de l’Etat sur les questions militaires. Ils ont avis qui compte. La survie d’un ministre délégué à la présidence chargé de la défense dépend de ses relations avec ces deux stratèges. Rémy Ze Meka en sait quelque chose. Dans l’affaire du vrai-faux coup d’Etat qui a alimenté les feuilles de choux en 2007, l’enfant terrible de Fibot s’est ligué contre les deux généraux pourtant présentés contre les pionniers de la contre offensive du 4 avril 1984.

René Ze Nguélé. Originaire de la région de l’Est, c’est l’homme qui parraine Jean-Marie Atangana Mebara dans les années 80. Il était alors ministre de l'Education nationale. Il aurait également parrainé Bejamin Amama Amama, Emmanuel Bondé, Anna Marthe Mvoto, et bien d’autres fils de l’Est. Porte-parole du groupe des associations des chefs traditionnels du Cameroun, il conserve toute son aura auprès de Paul Biya. Il Dans certains milieux, il se raconte qu’il a joué un rôle déterminant dans la mise en place d’Elecam. Ses détracteurs soutiennent que certains groupes de pression du Grand Nord sont en négociation avec lui pour qu’il soit candidat en 2011, malgré la vieillesse. Un peu comme dans l’affaire Akame Mfoumou en 2004.


Henri Omgba Damas. Dans certains, il se raconte que, si vous voulez devenir ministre, député ou président de section dans le Mfoundi, vous devez fréquenter Omgba Damas. Augustin Thierry Edjoa, Philippe Mbarga Mboa, Laurent Serge Etoundi Ngoa, Simon Pierre Ongola, Mama Fouda Omgba et biens d’autres ne peuvent pas le démentir. Conseiller de l'ombre de Paul Biya, l’homme a une très grande influence dans la ville siège des institutions. Pourtant, il est difficile pour de nombreux Camerounais de coller un visage à cet illustre nom. Très peu d’informations circulent à son sujet. La seule évocation de son nom attise les débats. Et, une question reste en suspens : qu’est-ce qui lie Paul Biya à cet homme qu’on dit marchand d’armes ? Les réseaux francs-maçons ou rosicruciens ? Les réseaux obscurs de la Françafrique ?

A côté de ces illustres personnages, le chef de l’Etat dispose d’un réseau parallèle de conseillers. Dans ce groupe, il y en a qui ont haut occupé de haut poste dans l’administration mais aussi, des hommes sans grandes importance sur le plan national, mais d’une valeur inestimable dan leur contrée. Dans le Dja et Lobo, le défunt Engamba Nsili, les patriarches Nna Ze Bayard et Ayolo, les prêtres Raphaël Ze et Owono Mimboe sont des hommes à craindre. Il y a le vieux Angounou dans la Mvilla et Papa Radar à Kribi. Dans la région du Centre, on cite, Koungou Edima Ferdinand, Bell Luc René, Victor Tonye Mbog, Clément Obouh Fegue, le chef supérieur des Mvog Tsoung Mballa et bien d’autres. A l’Est, Joseph Charles Doumba, Félix Sabal Lecco et Philippe Tsitsol font office de barrons.




GRASFIELD-BAMILEKE
Fotso Victor. Deux faits anodins, mais ô combien significatifs, se sont déroulés à Badjoun lors de la présidentielle de 2004. Le 6 novembre 2004, la célébration du 22ème anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême avait été l’occasion de faire le bilan de l’élection du 11 octobre, Victor Fotso tient un discours assez curieux devant les chargés de mission du Rdpc. Il indiquait à l’assistance : “Il y a des gens ici comme Madeleine Tchuenté avec qui on lutte depuis, même quand le multipartisme est arrivé et que tout le monde avait fui, elle est restée“. Quelques jours après ce meeting, des tractations de tout genre eurent lieu dans le Koung-Khi. Dans une guerre de leadership qui ne dit pas son nom, André Sohaing souhaitant plus de considération dans le département, il faut établir une liste de six noms à proposer au chef de l’Etat pour le remplacement de Maurice Tchuente. Fotso Victor a le
dernier mot, Yves Michel Fotso arrive en tête de la short-list, Madeleine Tchuente est classé en sixième et dernière position. Curieusement, elle est choisie. Quel rôle aura le milliardaire de Badjoun. Mystère et boule de gomme. Tout de même, l’opinion nationale est unanime là-dessus, Fotso Victor est l’homme de Paul Biya à l’ouest. Le président de la République en a fait son allié le plus sûr. Les deux hommes entretiennent des relations franches d’amitié. Seulement, le déclanchement de l’affaire Albatros les éloigne doucement. Le maire de Badjoun aurait souhaité voir le chef de l’Etat plusieurs fois pour plaider en faveur de fils. Tentatives soldées par des échecs. La lune de miel arrive-t-elle à sa fin ?

Simon Achidi Achu. Vendredi 26 juin 2009, le président de la République reçoit Chief Inoni Ephraïm en audience pendant plus de 3 heures d’horloge. L’entretien entre les deux hommes, de 11h15 à 14h30, selon nos sources, porte sur le bilan du chef de Bankinguilli à la tête du gouvernement. En guise d’au revoir, Paul Biya, aurait remercié l’ancien instituteur devenu inspecteur de trésor, pour les bons et loyaux services rendus à la nation depuis le 08 décembre 2004. Samedi 27 juin, le président de la République reçoit Simon Achidu Achu pendant toute la journée ou presque. Les deux hommes mettent la dernière touche sur le nouveau gouvernement. Surtout, après le décès de Christopher Nsahlaï et le départ de Dorothy Njeuma à Elecam, la short-list des potentiels Premiers ministres porte 3 noms, 3 affidés du fermier de Santa, à savoir, Philemon Yang, Mengot Victor Arrey Nkongho et John Ebonguele. Toutes choses qui démontrent à
suffisance que Simon Achidi Achu est une voix que Paul Biya écoute attentivement. Arrivé à l’immeuble étoile au plus fort des années de braises, le 25 novembre 1992, il est appelé en renfort par l’homme du 06 novembre pour jouer les sapeurs pompier. Après les élections présidentielle et législatives, jugées truquées par une frange partie de l’opinion publique, il doit partages des enveloppe bourrés de Cfa aux esprits revendicateur. Il reçoit les chefs traditionnels en longueurs de journées, ils affichent tous un large sourire aux lèvres à la sortie de la primature. ‘’La vache qui rit’’ remplit sa mission avec maestria, et, devient l’homme de confiance de Popaul dans la zone anglophone. Atanga Nji, Chemuta Banda Divine et plusieurs autres hautes personnalités lui doivent leur ascension.

Ibrahim Mbombo Njoya. C’est le faiseur d’homme dans le Noun. Illustration. Un mois avant l’arrestation de Mounchipou Seydou, le sultan des Bamoun se rend France. Il coupe toute communication avec le Cameroun et devient injoignable. Il aurait été averti par le chef de l’Etat en personne que son filleul, les ministres des postes et télécommunications de l’époque, allait passer à la trappe. Il lui est demandé de proposer quelqu’un d’autre pour remplacer le futur bagnard. Le sultan a la mort dans l’âme et se retire de la scène pour mieux gérer la secousse. De là il n’est plus besoin de démontrer que la majorité des ressortissants du Noun qui se retrouve aujourd’hui dans la haute administration le doivent à un homme : leur chef supérieur.

Françoise Foning. Originaire de la Menoua dans la région de l’Ouest, c’est à Douala qu’elle mène son combat politique. Des mauvaises langues soutiennent mordicus qu’elle milite dans le parti au pouvoir par crainte de représailles. Elle serait redevable de plusieurs milliards de Fcfa et redoute un potentiel redressement fiscalo-douanier. Toutefois, c’est la mascotte du Rdpc. Dalida, comme l’appelle affectueusement certains de ses proches, en étroite collaboration avec Jean Fochivé, avait monté une astuce pour combattre les villes mortes à Douala, en achetant plus d’un millier de taxi à Douala, conduit par les agent du Cener. Certes, elle n’a aucune influence sur le chef de l’Etat mais, le couple présidentielle l’affectionne particulièrement.

Niat Njifendji. Son histoire est assez compliquée. Arrêté et jeter en prison après le coup d’Etat manqué du 06 avril 1984, il est présenté comme l’un des financier des putschistes. Compagnon de cellule de Issa Tchiroma Bakary, il aurait menacé de se suicider à plusieurs reprises. Curieusement, il est fait ministre du plan et aménagement du territoire le 07 décembre 1992, avant d’être vice premier ministre en avril 1992. Depuis sa sortie du gouvernement, il est devenu le pylône du département du Ndé. Beaucoup de ministres, de députés et hauts cadres lui doivent leur ascension. Même si, il se raconte que Tchatat est aux affaires parce que son épouse est de Mvomka’a.

A coté de ces barrons, l’on cite les hommes d’affaires Joseph Kadji Deffosso et André Sohaing. Seulement, il s’agit des coalitions de façade. L’on se souvient très de leur passage tonitruant dans les rangs du Sdf et surtout, pourquoi ils sont revenus dans les rangs de la mouvance présidentielle. C’était suite à un redressement fiscal. Il y a également Jean Nkuete, compagnon de Paul Biya depuis la primature. Mais, l’homme est radon et ne roule que pour lui-même. Joseph Fofe, l’ancien camarade, ne pèse pas beaucoup.





LE GRAND NORD
En février 2008, une partie du pays s’embrase. Le septentrion reste de marbre. Pour beaucoup, il s’est agit là d’un attachement indéfectible à l’homme du 6 novembre dans l’esprit du pacte Nord-Sud. La classe politique et traditionnelle des régions septentrionales ne veut pas se brouiller avec Paul Biya. Dans le débat politique au Cameroun, l’axe nord-sud est une donnée incontournable. C’est dans cette optique que, chaque fois qu’on parle de "succession", les regards se portent davantage vers la partie septentrionale du pays. Important vivier électoral, Paul Biya gère les problèmes de cette région avec beaucoup de souplesse. Il fait confiance à certaines personnalités de cette partie du territoire depuis des lustres. La classe politique se renouvelle difficilement ici. Qui sont donc ces caciques ?

Les Lamidos. Les chefs traditionnels sont les premiers alliés politiques du président
Biya dans le grand Nord. Dépositaire du pouvoir traditionnel et religieux, il représente une force parfois en dessous de l’Etat pour leurs sujets. Le lamido n’est pas qu’une figure politique. Témoignage largement répandu: il a droit de vie et de mort sur ses sujets. Et de ce point de vue, il vaut mieux ne pas résister à ses desideratas. On distingue essentiellement cinq grands lamidats dans le Grand-Nord: Ngaoundéré, Garoua, Maroua, Bachéo et Rey Bouba. Le plus illustre et proche de Paul Biya est le dernier cité.
En 1997, Paul Biya, président sortant et candidat à sa propre succession, est en tournée. Au cours de l’étape de Garoua, il se rend en hélicoptère à Rey-Bouba pour y rencontrer «Baba». Ahmadou Abdouaye, le lamido décédé il y a très peu de temps, traînait la réputation d’entretenir des relations privilégiées avec le président de la République. Au milieu des rumeurs dont celle sur une ligne rouge qui existerait entre le palais d’Etoudi et le palais royal de Rey-Bouba, il reste une certitude : Ahmadou Abdoulaye, ancien instituteur, est un farouche défenseur de Paul Biya. Après les élections de 1992, il a pris l’habitude de mettre les urnes devant lui pendant les opérations de vote, pour assurer la victoire de son ami. Son fils, Aboubakary Abdoulaye, administrateur civil et ancien secrétaire d’Etat à l’agriculture, assure désormais la continuité de cette amitié solide.
Issa Hayatou, Sadou Hayatou, Yao Aïssatou, Garga Alim Hayatou et Ahmadou Hayatou sont tous des enfants d’une même fratrie. C’est la descendance du lamido Hayatou de Garoua. L’ascension de cette famille démontre à suffisance la confiance que le président Paul Biya avait pour leur papa. Même si, dans certains cercles, il se raconte Paul Biya utiliserait la chefferie pour asseoir son pouvoir dans une région qui a du mal à se défaire de l’image de l’ancien chef d’Etat, Ahmadou Ahidjo. Toutefois, les Hayatou sont l’une des pierres angulaires du système Biya. Les lamidos de Maroua et de Ngaoundéré font également partie de ces chefs traditionnels qui comptent pour Paul Biya.

La classe politique. Paul Biya reste fidèle à une certaine classe politique dans le grand nord. Qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité présidentielle, Paul Biya compose toujours avec les mêmes. Bello Bouba, Amadou Ali, Cavaye Yéguié Djibril, Hamdou Moustapha, Ayang Luc, Issa Tchiroma, Sali Dahirou, Hamdjoda Hadji, Abba Kabir Kamsouloum… les mêmes noms reviennent tout le temps. A fortiori, Paul Biya aurait placé toutes sa confiance en ces hommes qui, en retour, lui assurent des victoires d’années en années. Il faut reconnaître que Paul Biya n’a beaucoup d’autres choix. Ce groupe sait faire bloc lorsque besoin s’impose. Même s’il existe de petites divergences entre eux, face au reste du Cameroun, ils restent solidaires. Surtout, ces barrons s’activent dans l’antichambre du pouvoir que Paul Biya leur passent la main au soir de sa vie. Et, la configuration politique actuelle est en leur faveur. Cavaye est le
successeur constitutionnelle, Marafa le Minatd garde un œil sur l’organisation des élections, Amadou Ali, en tant que Minjustice proclame les résultats, Issa Tchiroma et Amadou Vamoulké assure la couverture médiatique.

Abdoulaye Maïkano. C’est un cas particulier dans le grand Nord. C’est l’un des rares ‘’hommes d’Ahidjo’’ originaire du Nord qui est resté très proche de Paul Biya. Docteur vétérinaire le nouvel ambassadeur itinérant a été délégué du gouvernement de Maroua pendant longtemps. Né en 1932 à Gaschiga, il se raconte à Garoua que le patriarche est d’un cœur pur, parce qu’il n’a pas d’enfant.





LES SAWAS
Le Ngondo. Fin 1983, Paul Biya, nouveau président de la République, est à Douala pour l’inauguration des nouvelles acquisitions de la Sic, l’imposante cité de Bonamoussadi Makepe. La vérité est toute autre. A quelques encablures de là, le peuple sawa, malgré certaines divergences de point de vue, réserve au nouveau chef de d’Etat, une cérémonie traditionnelle et mystique. Elle a lieu dans le canton Akwa Nord, au lieu dit Banya. Ce lieu sacré a été choisi parmi tant d’autres, pour remettre à Paul Biya des attributs mystiques. Paul Biya est introduit dans une cabane secrète appelée ‘’Dibala’’, où on intronise ou place la dépouille d’un chef. L’accès à celle-ci n’est pas publique. Construite en paille, la case ne doit jamais être détruite, mais doit tomber d’elle-même. Les esprits sont invoqués par des initiés (Rev Eyidi Kingue Akwa et Guillaume Kouoh Eyidi) à travers deux grands placés dans la mangrove.
Un pacte est scellé entre le chef de l’Etat et le Ngondo. Les Sawas ne doivent jamais se prononcer contre Paul Biya, choses vérifiées le 06 avril 1984, pendant les années de braises et lors des émeutes de février. En retour, le chef de l’Etat doit restaurer leur dignité. Le Ngondo, interdit par Ahmadou Ahidjo reprend ses activités. L’assemblée traditionnelle qui réuni tous les peuples côtiers, Douala, Bassa, Bakoko, Batanga, Yabassi, fait rentrer progressivement les siens aux affaires. Aujourd’hui, ils sont aujourd’hui à la tête de plusieurs entreprises d’Etat. Plus que jamais, les chefs sawas, à travers le Ngondo, ont désormais une forte influence dans le système Biya.

Les Sawas anglophones. Les originaires de la région du Sud Ouest rentrent beaucoup dans l’estime de Paul Biya. Certains sont considérés comme des amis du chef de l’Etat à qui il accorde une attention particulière. On cite Chief Mukete. Roi des Bafo, chef traditionnel de la ville de Kumba, il est vice-président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti au pouvoir) et président du conseil d’administration de Camtel. Son fils est président national de l’Ojrdpc. Il y a également Dorothy Njeuma. Longtemps pressenti comme successeur de Thomas Inoni Ephraïm à la primature, c’est des femmes les plus introduites du sérail. Nommé vice ministre de l’éducation nationale le jour où Paul Biya devient Premier ministre, le 30 juin 1975, les deux hommes ont gardé des relations de confiances. L’ancien Premier ministre, Peter Mafany Musonge rentre également dans les bonnes grâces du chef de l’Etat.

Cameroun,Justice: Des plaintes en cascade contre Paul Biya

"La CPI est une juridiction supranationale chargée de réglementer l'ordre public international. Elle a pour principales attributions, la poursuite et la répression des infractions qualifiées de génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité, et viols massifs et à grande échelle, etc..."L'article 53 (nouveau) de la loi constitutionnelle du 14 avril 2008 consacre l'irresponsabilité du chef de l'Etat: "Le Président de la République ne peut être mis en accusation que par l'Assemblée Nationale et le Sénat statuant par un vote identique au scrutin public et à la majorité des quatre cinquièmes des membres les composants. Les actes accomplis par le Président de la République en application des articles 5, 8, 9 et 10 ci-dessus, sont couverts par l'immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l'issue de son mandat".
Date de publication: 06-04-2010 06:47:08
En d'autres termes, le chef de l'exécutif camerounais ne saurait faire l'objet des poursuites judiciaires pour des actes commis dans l'exercice de ses fonctions, ni pendant, ni après son mandat. Cette disposition légale autorise-t-elle le président de la République à commettre toutes sortes d’exactions durant son magistère ? Même le pire des dictateurs ne pourrait répondre par l'affirmative. Mais alors, un chef d'Etat qui abuse de ses prérogatives face à un peuple qui ne demande qu'à vivre devrait-il être exempt de toute action de justice ? Un peuple qui se sent opprimé devrait-il faire table rase de tous les impairs commis par son régent ?

Des Camerounais de l'étranger, c'est-à-dire vivant à une bonne distance de leur territoire d'origine, n'ont rien trouvé de mieux ces derniers temps que de traîner leur président devant les juridictions nationale et supranationales. Car, estiment-ils, Paul Biya serait ce dictateur qui foule aux pieds les droits de ses concitoyens et n'hésite pas à commettre des bains de sang pour conserver et consolider son pouvoir.

La Météo se propose de faire dans cette édition, le round-up de ces différentes plaintes. A vous de juger leur perspicacité.
1. Paul Biya serait-il réellement ce tyran ?

A l'heure où le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) commémore le 25e anniversaire de sa création, son président national fait l'objet de nombreuses plaintes pour génocide, crime contre l'humanité, détournements de fonds publics et non respect des dispositions constitutionnelles. Vindicte populaire légitime ou simple cabale judiciaire orientée ? Enquête.

Le Cameroun est reconnu par la communauté internationale comme un îlot de paix niché au cœur d'une Afrique centrale en proie à de nombreux conflits. Du Tchad au Burundi, les conflits se suivent et se multiplient. La sous-région est réputée pour ses multiples crises, parfois en interne, parfois avec les pays voisins. Dans cet environnement où les bruits de bottes rentrent désormais dans le train-train quotidien des populations, seuls le Cameroun et le Gabon n'ont pas connus de révolutions de palais à coup de canon au cours des 28 dernières années. Idriss Deby au Tchad, Sassou Nguesso au Congo, François Bozize en RCA, Obiang Nguéma en Guinée Equatoriale, Kabila père et fils en RDC, Paul Kagame au Rwanda, Pierre Buyoya au Burundi, Edouardo Dos Santos en Angola, ont tous atterri sur les lambris dorés des palais présidentiels grâce à la force des obus. Sur ce, plusieurs analystes s'accordent sur le fait, le pays de Roger Albert Mooh Milla le doit en grande partie à la clairvoyance et au tact du successeur de Ahmadou Ahidjo, son excellence Paul Biya, président de la République du Cameroun depuis le 06 novembre 1982.

Au lendemain de sa prise de pouvoir, lors de sa toute première visite officielle en France mi février 1983, il déclarait au perron de l'Elysée: " L'UPC, en tant que telle, n'a pas d'existence légale au Cameroun. Je sais qu'il y a des Camerounais qui se réclament de cette appellation. Je dis que, s'ils veulent rentrer au Cameroun, ils peuvent le faire." Pour appuyer ces dires, le nouveau chef d'Etat indiquera au cours d'une réunion du comité central de l'UNC (ancien parti unique) tenue le 22 mars 1983: " les Camerounais résidant à l'étranger peuvent à tout moment rentrer au pays pour participer à l'œuvre de construction nationale dans le stricte respect des lois et des règlements du pays ". Toutes choses qui permettront à de nombreux opposants au régime de son prédécesseur de rentrer en toute tranquillité au pays. Sans la moindre inquiétude. Certains de ces hommes, bannis par Ahidjo, seront conviés par le Renouveau à occuper des postes de responsabilités dans l'administration centrale. Pendant la même réunion du 22 mars 1983, Paul Biya essaye d'introduire les primaires aux élections législatives prévues en mai. Mais les caciques du monolithisme s'opposent à cette révolution. Ce n'était que partie remise. L'ouverture démocratique était en marche. Le 24 mars 1985 à Bamenda, l'UNC est redynamisé et devient le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Des consultations primaires sont introduites au sein du parti unique lors des élections municipales de 1987. Une grande première pour les Camerounais qui, depuis 1966, vivaient sous la forte pression de la pensée unique.

Puis, vint le vent de démocratisation qui souffla en Afrique et en Europe de l'Est avec la chute du mur de Berlin le 09 novembre 1989. Paul Biya, en homme averti et avisé, prononça cette mémorable phrase lors de son discours de clôture du congrès ordinaire du RDPC tenu à Yaoundé au mois de juin 1990: " Attendez-vous à une éventuelle concurrence... " Il ne fallait donc pas être clerc pour savoir que le président de la République balisait le chemin du multipartisme. Et, le 19 décembre 1990, d'importantes lois sur les libertés, parmi lesquelles les libertés d'association, sont promulguées. Début février 1991, les premiers partis politiques sont légalisés. Le 30 octobre 1991, Sadou Hayatou alors Premier ministre ouvre la conférence tripartite gouvernement-partis politiques-société civile, afin de définir un cadre électoral propice à la conjoncture. Les premières législatives de l'ère du multipartisme sont organisées le 1er mars 1992. La représentation nationale devient multicolore avec 4 partis politiques au perchoir, dont 88 députés pour le RDPC, 68 députés pour l'UNDP, 18 députés pour l'UPC et 6 députés pour le MDR. La notion de pluralisme d'idées est également introduite au sein de l'exécutif. Dakolé Daïssala, Issa Tchiroma, Hamadou Moustapha, Augustin Frédéric Kodock, Bava Djingoer, Pierre Souman, Antar Gassagaye, tous membres de l'aile dure de l'opposition font leur entrée au gouvernement. Ce processus va s'avérer irréversible au fil du temps. Paul Biya s'étant résolument tourné vers la consolidation de la paix et de l'unité nationale en composant avec toutes les sensibilités du pays.

Dans un Cameroun riche de sa diversité ethnico religieuse et linguistique, la marche vers cet idéal aura été jonchée d'embûches. Mais, l'homme lion est resté à mi-chemin de tous les extrêmes, frappant du poing sur la table lorsque les circonstances l'exigent, sans toutefois outrepasser ses prérogatives de chef d'Etat. Ceci en bon dirigeant qui a pour seul souci de conduire son peuple au plein épanouissement en assurant, défendant et protégeant l'intérêt national. Il aura donc fallu pour l'homme du Renouveau, de canaliser de temps à autres, les énergies débordantes de certains de ses compatriotes pour qui la dure école de la démocratie n'était pas du tout été facile. Ceux-ci confondant parfois liberté et libertinage. Et, dans cet environnement où le moindre débordement peut conduire à des conséquences incommensurables, n'était-il pas souvent opportun de prendre des mesures fortes afin de ramener la sérénité ? Surtout qu'aux manifestants ayant des causes légitimes à défendre, s'y mêlent parfois des fauteurs de troubles. Des récupérateurs qui s'en servent pour leurs ambitions personnelles. Agir à ce moment précis pour dissuader les "apprentis sorciers" serait-il alors un crime contre l'humanité ? Ceux qui ont perdu leur vie dans ces échauffourées étaient-ils particulièrement visés ? Les forces de maintien l'ordre avaient-elles l'ordre du chef de l'Etat de tuer ? À chacun de juger de la perspicacité de ces plaintes.
2. Plainte en Belgique pour crimes contre l'humanité

Djeukam Tchameni, président du conseil du Collectif national contre l'impunité (CNI) au Cameroun et Dr Kaptué Tabué, responsable de la section belge de cette association, ont déposé une plainte devant les tribunaux belges contre le président Paul Biya, pour infractions graves au droit humanitaire international. C'était le 11 décembre 2001. La plainte était soutenue par l'avocat belge, Georges-Henri Beauthier, avocat qui s'était déjà occupé des plaintes déposées par d'autres plaignants contre le président congolais, Denis Sassou Nguesso, contre l'ancien chef d'Etat tchadien, Hissen Habré, et contre l'ancien chef de la junte ivoirienne, le général Robert Gueï.

En effet, les membres du CNI estiment que le chef d'Etat a une part de responsabilité dans l'affaire des " 09 (neuf) de Bepanda ". Une histoire qui remonte à la nuit du 22 au 23 janvier 2001. Cette nuit-là, des gendarmes du Commandement opérationnel (CO), unité spéciale de gendarmerie créée à Douala pour lutter contre le grand banditisme, avaient enlevé à leurs domiciles neuf jeunes gens. Dans les faits, Marc Etaha (38 ans), Frédéric Ngouffo (34 ans), Chatry Kuété (33 ans), Jean-Roger Tchiwan (33 ans), Eric Chia (32 ans), Charles Kouatou (24 ans), Effician Chia (24 ans), Elysée Kouatou (23 ans) et Fabrice Kuaté (21 ans) avaient été arrêtés par les hommes dirigés par le chef du bureau des recherches et des transmissions de la Légion de gendarmerie du Littoral, le capitaine Jean-Jacques Aba Ndzengué. Pour les forces de l'ordre, il s'agissait d'une bande de malfrats, auteur de plusieurs cambriolages dans la ville de Douala et qui était depuis quelques temps, dans le viseur de la gendarmerie. Leur arrestation avait été possible suite à la plainte d'une certaine Annick Souki, qui les accusait d'avoir dérobé une bouteille de gaz domestique à son domicile. Après leur arrestation, les 9 jeunes gens auraient séjourné dans les services de la légion de gendarmerie du Littoral où ils seraient restés jusqu'au vendredi 26 janvier 2001 en début d'après-midi. Ils auraient été transférés ensuite au poste central du Commandement opérationnel, qui travaillait en collaboration avec le COG, où leurs proches les ont vus pour la dernière fois. Depuis lors, plus de nouvelles. Il se raconte que ces jeunes gens avaient été exécutés dans la banlieue de la ville.

Selon les milieux proches du CNI, l'objectif principal du CO était d'en finir avec les populations de Douala, une ville jugée frondeuse et antipathique au régime Biya. Le CNI est une association camerounaise créée le 16 avril 2001 à Douala. Il rassemble des hommes politiques et des personnalités de la société civile, et, s'est fixé pour objectifs de " recenser tous les crimes de sang impunis commis par les agents de l'Etat contre des citoyens, d'œuvrer pour que les coupables soient jugés et punis par des juridictions nationales ou internationales, pour que les victimes et familles des victimes soient dédommagées ". Seulement, la plainte déposée à Bruxelles restera sans suite. Non seulement le CNI va évoluer en rang dispersé après le goût du lucre ayant divisé les uns et les autres. Le code de procédure pénal belge exclut toute poursuite à l'encontre des chefs d'Etat, de gouvernement ou ministres des affaires étrangères, ainsi que les autres personnes dont l'immunité est reconnue par le droit international ou fondée sur un traité qui lie la Belgique pendant la durée de leur fonction.
3. Paul Biya accusé de génocide devant la Cour criminelle internationale

La Southern Cameroons Peoples Organisation (SCAPO), une organisation séparatiste anglophone, a déposé courant 2008, une plainte contre Paul Biya auprès du procureur de la CCI (Cour criminelle internationale). Cette association dont tous les leaders vivent à l'étranger, réclamait l'inculpation du président de la République, ainsi que d'autres dirigeants politiques et militaires de ce pays, pour le génocide commis contre le peuple Bamiléké de 1962 à 1970, et bien d'autres crimes contre l'humanité. La SCAPO prétend avoir mené une enquête qui aurait permis d'établir le fait que le président Paul Biya a joué un rôle très important dans la campagne de génocide des Bamiléké. Car, dès son retour de France en 1962, il a été promu à plusieurs postes de responsabilités. Le réquisitoire des indépendantistes indique: " Chargé de mission à la présidence à l'âge de 28 ans, c'est grâce à l'efficacité dont il a fait preuve dans la gestion du dossier de l'extermination ethnique des Bamiléké qu'il a bénéficié de sa promotion au poste de Secrétaire Général à la Présidence d'Ahidjo, à l'âge de 34 ans, en 1968. Il est ensuite passé au poste de Premier Ministre en 1975, avant de prendre finalement la succession d'Ahmadou Ahidjo en 1982. Cette ascendance vertigineuse qui lui a permis de passer de simple chargé de mission au poste de Président de la République en 20 ans, et à l’âge de 48 ans, était largement en guise de récompense pour le rôle qu'il a joué dans l'extermination ethnique des Bamilékés ". D'autres crimes contre l'humanité sont imputés à l'homme du 06 novembre. Notamment: " Le massacre des nordistes en 1984, suite au coup d'état manqué par les loyalistes du Président Ahmadou Ahidjo. Les charniers du massacre des Maguidas sont localisés à Mbalmayo, à quelques 150 km de Yaoundé... La mort de quelques 2000 villageois du Lac Nyos en 1986, suite à l'essai d'une arme de destruction massive par une puissance étrangère inconnue, mais sur la base d'une autorisation qui leur a été délivrée par Mr. Paul Biya... L'affectation sélective des soldats et gendarmes séropositifs aux camps militaires dans le Southern Cameroons Britannique... Le terrorisme sponsorisé par l'état visant le people du Southern Cameroons Britannique. Durant plusieurs années, ce terrorisme a pris la forme d'arrestations arbitraires, de détentions intempestives, de tortures, et de tueries extrajudiciaires". En déposant cette plainte auprès du procureur de la CCI, la SCAPO était consciente du fait que le Cameroun, bien qu'ayant participé aux travaux de création de la CCI, n'a jamais ratifie le Traité de Rome. Les séparatistes se basaient sur la susceptibilité des Nations unies à ne pas laisser impuni ce qu'ils qualifient de crime contre l'humanité.

Cependant, à la Cour criminelle internationale, cette affaire n'a jamais été inscrite au rôle, Paul Biya n'a jamais été invité à comparaître devant la CCI, ni fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. La plainte a été classée sans suite. L'argumentaire des indépendantistes anglophones, vague et approximatif, aurait été battu en brèche par les magistrats de la CCI.
4. Plainte au parquet de Paris pour détournements.

Mardi 02 février 2010, le Conseil des Camerounais de la diaspora (CCD), une association de Camerounais vivant en France, déposait une plainte contre le président de la République au parquet de Paris. Paul Biya est accusé de " recel de détournements de fonds publics ". Selon les plaignants, le patrimoine constitué par l'homme du 06 novembre depuis son accession à la magistrature suprême pourrait atteindre plusieurs milliards de francs Cfa. Célestin Djamen, le vice-président de cette association soutient qu'il fonde son action sur le fait que: " Si une enquête était ouverte en France, cela permettrait de savoir enfin ce que détient M. Biya, qui vit dans le luxe avec sa famille alors que la pauvreté progresse sans cesse au Cameroun ". Reprenant dans son dossier le contenu du rapport du comité catholique contre la faim et le développement (CCFD) intitulé " Biens mal acquis " et publié fin juin 2009, le CCD argue qu'il existe des pistes pour prouver l'origine frauduleuse de l'argent ayant permis les dépenses mirobolantes du chef d'Etat camerounais. L'association espère que la nationalité camerounaise de ses adhérents permettra d'éviter le sort de la plainte de Transparency International contre Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang Nguema et le regretté Omar Bongo Ondimba, qui n'avait pas donné lieu à une enquête. Car, avait-on estimé, les plaignants n'avaient pas subi de préjudice direct lié à d'éventuels détournements. " Cette plainte contre M. Biya est le fait d'une association de Camerounais, et non d'une ONG française, nous sommes directement concernés par d'éventuels détournements," explique Robert Waffo Wanto, président du Cdd. De ce fait, ladite association s'attendait à l'ouverture d'une information judiciaire confiée à un juge d'instruction, ou à une enquête préliminaire menée par le parquet. Mais, le 26 février 2010, le Parquet de Paris jugeait irrecevable la plainte du Conseil des Camerounais de la diaspora. La décision de la justice française aurait été motivée par un manque flagrant d'indices des plaignants. Selon certains observateurs, le fait pour les plaignants de n'avoir pas indiqué la nature ces "biens mal acquis" a pu constituer le rejet de ladite plainte. Bien plus, on ne peut pas exhorter le parquet de mener une enquête pour trouver ces biens immobiliers pour la raison qu'on est convaincu qu'ils existent tout simplement.

Et comme il fallait s'y attendre, le Conseil camerounais de la diaspora (CCD) a interjeté appel auprès de la cours d'appel de Paris. Pour Robert Waffo Wanto, l'organisation dont il a la charge se réserve le droit de saisir la doyenne des juges d'instruction en se constituant partie civile. " Nous nous réservons par ailleurs le droit de nous constituer partie civile sans délai dès lors que la situation nous l'imposera. La saisine du doyen des juges, Mme Françoise Desset, le pourvoi en cassation et la saisine de la cour européenne de justice étant les différents leviers que nous ne manquerons pas d'actionner au cas où... Il serait peut-être opportun de rappeler que nous savions mieux que quiconque que nous nous engagions dans une procédure qui exige deux caractéristiques; l'endurance et la patience..." précise-t-il. "La bataille ne fait donc que commencer", avance-t-on du coté de Paris.

Chaud devant !
5. Le CODE saisît la Cour pénale internationale

Dans le cadre de sa campagne internationale de lutte contre l'impunité lancée depuis avril 2009, le Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora (CODE) a saisi le procureur de la CPI le 08 mars dernier. Ceci pour lui demander d'ouvrir une enquête afin de qualifier les émeutes de février 2008 de crimes contre l'humanité. Le CODE et son conseil Me Selma, dans le document d'accusation, épingle Paul Biya. Selon le quotidien Le Messager, Moïse Essoh Etia, Tene Sop, Franklin Nyamsi et Patrice Ndjoumi pensent qu'il existe des charges suffisantes et précises justifiant l'ouverture d'une enquête par le bureau du procureur. Car trois conditions essentielles sont réunies: "le caractère généralisé de l'attaque des populations civiles; la population civile comme cible; et les faits constituent des actes particulièrement inhumains". L'on se souvient que du 23 au 29 février 2008, une onde de turbulence a traversé plusieurs villes du Cameroun. Samedi 23 février 2008 à la tombée de la nuit, le Social démocratic front (SDF) organise une manifestation le soir contre la modification de la constitution, malgré l'interdiction du gouverneur. La police disperse la manifestation et aurait utilisé des balles réelles. Il y aurait eu un à deux morts, mise à sac d'une station service. Un bus de la SOCATUR est incendié. La journée du 24 se passe dans le calme. Le 25 février, suite à l'augmentation des prix des produits pétroliers, les chauffeurs de taxis observent un arrêt de travail dans une trentaine de villes. Alors que tout se passe relativement dans la discipline à Yaoundé, des affrontements éclatent entre les manifestants et les forces de maintien de l’ordre à Douala. On annonce deux morts à Bessengue et quatre à Bonaberi. Les magasins tenus par les chinois sont pillés. Des stations services sont mises à sac. La mairie de Douala 5e est brûlée. Le 26, les émeutes éclatent à Limbe, Bamenda, Buea et Bafoussam. Un mort est signalé à Bafoussam et un autre à Douala. Tard dans la nuit, les syndicats de taxis et le gouvernement signent un accord au terme duquel le super baissera de 6 FCFA et las autres carburants de 5 FCFA. Les syndicats de taxi appellent leurs adhérents à la reprise du travail dès le 27 février 2008. Les boulangeries et les pharmacies sont placées sous protection militaire à Douala. Le 27 février, alors que l'on s'attend à un retour à l'accalmie, Yaoundé bascule dans la barbarie. Des bandes de jeunes, armées de gourdins et de pierres terrorisent les populations. Le BIR est appelé à rescousse. A Douala, près de 2000 manifestants défilent pour réclamer une baisse des prix des denrées de base. Des manifestants présents sur le pont de Bonaberi sont contraints de se jeter dans le Wouri par la police qui tire à balles réelles. Les bilans font état de dizaines de mort par noyade. Un gamin de 11 ans est tué à Njombé Penja. Le 28, alors qu'un calme précaire s'observe à Douala, on annonce trois morts à l'Ouest. Dans la soirée, le chef d'Etat s'adresse à la nation. Il met en garde ceux qui manipulent les jeunes. L'armée investit les principales artères des grandes villes du Cameroun. A partir du 29, tout revient progressivement à la normale. Selon le bilan officiel, annoncé le 5 mars 2008, par le ministre de la communication, il y aurait eu 24 morts, dont un policier et la police aurait procédé à plus de 1500 interpellations. Le ministre de l'Administration territoriale quant à lui annonce 40 morts. Mais l'ONG " La maison des droits de l'homme ", proche de l'opposition, évoque quant à elle plus de cent morts.
6. PLAINTE CONTRE PAUL BIYA A CPI: Quelles chances de succès ?

Par correspondance adressée au procureur de la Cour pénale internationale, à travers leur conseil,certains membres du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise en abrégé CODE, ont demandé à ce dernier de:

· Percevoir leur communication et procéder à un examen préliminaire des informations qu'ils exposent.

· Demander à la République du Cameroun de signer une déclaration d'acceptation.

· Demander l'autorisation à la chambre préliminaire de mener une enquête sur les crimes commis au Cameroun.
7. Tout d'abord qu'est-ce que c'est que la Cour pénale internationale (CPI) et quelles sont ses attributions ?

La CPI est une juridiction pénale internationale créée par le Traité de Rome du 17 juillet 1998, devenue effective depuis 2002. Le processus de ratification qui se poursuit fait un point de 110 Etats ayant déjà ratifié ledit traité au 1er août 2009. Mais, il faut tout de même noter que les USA, le Cameroun et bien d'autres pays n'ont pas encore ratifié ce traité de Rome.

La CPI est donc une juridiction supranationale chargée de réglementer l'ordre public international. Elle a pour principales attributions, la poursuite et la répression des infractions qualifiées de génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité, et viols massifs et à grande échelle, etc...
8. Pour être justiciable de la CPI, il faut en principe être ressortissant d'un Etat membre ayant ratifié le traité de Rome.

Dès lors il serait tentant de croire que, comme le Cameroun n'a pas encore ratifié ce traité, les Camerounais ne sont pas justiciables de la CPI; mais cette affirmation connaît des limites puisque l'article 13 du statut de Rome ouvre une voie au Conseil de sécurité de l'ONU qui, pour contourner l'obligation de ratification, peut saisir le procureur de la Cour pénale Internationale lorsque les infractions qualifiées de crimes contre l'humanité, de génocide ou de crimes de guerre sont perpétrées dans un Etat. C'est le cas du Soudan avec Omar El Béchir sur la question du conflit du mais Darfour. Notons par ailleurs que l'article 16 du même traité permet au Conseil de sécurité de suspendre les poursuites, même déjà engagées devant le procureur de la CPI.

Revenant à la plainte du CODE contre le président Paul Biya à la CPI, de quelles chances de succès dispose-t-elle ?
9. En réalité. Sans démagogie, ni flagornerie, cette plainte ne pourrait prospérer pour deux raisons fondamentales:

1.- Les faits de février 2008 agités par le CODE ne sauraient être qualifiés de génocide, de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre.

2.- La CPI agit si et seulement si l'Etat indexé reste inactif. Ce qui n'est pas le cas du Cameroun, puisque les évènements malheureux de février 2008 ont été jugés et condamnés par la justice camerounaise depuis l'époque des faits. En définitive nous devons retenir que la CPI n'agit que quand les juridictions nationales restent inactives, et quand les faits relevés sont susceptibles d'être qualifiés de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, etc..; Ce qui apparemment n'est pas le cas du Cameroun, du moins pour les évènements malheureux de février 2008. Notons pour terminer que tous les faits commis avant 2002 ne peuvent être portés devant la CPI.
10. Pétition contre Biya à l'ONU

Le 24 février 2010, Célestin Bedzigui, en compagnie de Howard Njeck et Marcel Simé, dépose au service du courrier du Secrétariat général des Nations Unies, une pétition pour solliciter l'institution d'une "commission d'enquête internationale, chargée d'établir les faits et circonstances des massacres des populations civiles survenues du 25 au 28 février 2008 au Cameroun". Pour justifier cette démarche, l'ancien vice-président de l'UNDP indique, s'agissant des émeutes de Fevrier 2008: "Le gouvernement du Cameroun avait reconnu un bilan officiel de 40 morts et de plus d'un millier d'arrestations. Ce chiffre est proche du bilan des événements de Soweto en 1975 et a valu que ceux-ci soient universellement qualifiés de massacres". Dans un communiqué commis en réaction à la sortie de René Emmanuel Sadi suite à cette initiative, Célestin Bedzigui ajoute: "Je voudrais relever que les événements de Février 2008 ont fait, en leur temps, l'objet d'un rapport très documenté de l'Observatoire National des Droits Humains, rapport duquel ont été tirés l'essentiel des chiffres sur lesquels est basée la pétition que nous avons introduite à l'ONU". Pour l'ancien membre de la Coordination des partis politiques de l'opposition pendant les villes mortes, il s'agit d'attirer l'attention du conseil de sécurité (CS) des Nations unies, afin de saisir la Cour pénale internationale. En effet, le Cameroun n'ayant pas encore ratifié le traité de Rome, seul le Conseil de sécurité de l'ONU qui, pour contourner l'obligation de ratification, peut saisir le procureur de la Cour pénale Internationale lorsque les infractions qualifiées de crimes contre l'humanité, de génocide ou de crimes de guerre sont perpétrées dans un Etat. C'en avait été le cas pour Omar El Béchir du Soudan.

Seulement, il se raconte dans certains milieux politiques de Yaoundé que l'exilé volontaire aux Etats-Unis aurait tout simplement doublé les membres du CODE dans cette démarche. "Mis au parfum des nombreuses réunions secrètes que tenait le CODE à Bruxelles depuis quelques temps, Célestin Bedzigui s'empresse de déposer à l'ONU, le 24 février dernier, une pâle copie de la pétition concoctée par des experts réunis à Bruxelles à la demande du CODE" indique l'hebdomadaire La Nouvelle. En effet, ajoute le journal de Jacques Blaise Mvié: "Tout serait parti d'une réunion tenue à Washington DC le 9 janvier 2010. L'objectif de celle-ci était de créer un nouveau front du CODE aux Etats-Unis, plus précisément à Washington. Célestin Bedzigui qui participe à la dite réunion est mis au parfum de l'intense travail de conception de stratégie qu'avait déjà effectué en Europe (Londres, Paris et l'institution d'une Commission Bruxelles) la bande à Brice Nitcheu. Surtout, il apprend dans la foulée qu'entre autres, une réunion importante du CODE va se tenir à Bruxelles le 14 février 2010. Au cours de celle-ci, il est question de donner une réponse d'experts du droit pénal international à la question suivante: Paul Biya peut-il être poursuivi pour crime contre l'humanité ? ". Pour conclure, on affirme que l'exilé volontaire ne serait même pas le rédacteur de ladite pétition.

Germaine Ahidjo: "Je laisse Biya seul face à sa conscience"

Rue des Almadies, quartier chic de Dakar, face restaurant Le Mogador, une villa attire tout de suite l'attention. Non pas à cause de son architecture ou de sa splendeur -elle se veut d'ailleurs modeste à coté de celles qui l'entourent- mais davantage à cause des voitures garées hors de la barrière: une Renault 5, une ?? et une Citroën. Elles rappellent une époque révolue. C'est le domicile de Germaine Ahidjo, la toute première First Lady du Cameroun, veuve depuis 20 ans.

De l'extérieur, on ne peut rien voir. La barrière, d'une bonne hauteur, vous barre la vue. Un gardien assis sous un arbuste se nettoie les dents avec une écorce d'arbre. C'est un gendarme en civil. Il faut se faire annoncer chez lui. Passé cette étape, un majordome vous prend à la guérite et vous conduit à la maîtresse des lieux. La salle de séjour est équipée de deux salons en cuir, d'une salle à manger en bois rustique et d'un petit coin pour le thé. Sur un des guéridons, les photos et les distinctions honorifiques de l'ancien président. Elles semblent transmettre aux visiteurs un salut depuis l'au-delà. Mme Ahidjo n'a rien perdu de sa superbe et de son charme, malgré le poids de l'âge. Elle garde son allure altière de princesse. Un sourire à la fois diplomatique et convivial orne son visage. Elle a le même look que les photos d'archives ont toujours présenté, habillée à l'africaine, drapée dans de magnifiques pagnes.

Seules les lunettes qu'elle porte trahissent la cataracte qui la ronge depuis longtemps. Le geste est devenu quelque peu lent et mesuré. C'est avec beaucoup de plaisir qu'elle raconte certains faits historiques de la vie politique du Cameroun. A la fois nostalgique, mélancolique et passionnée, elle laisse transparaître quelques signes de lassitude lorsqu’elle évoque certains sujets. Quand il s'agit des frictions entre Biya et Ahidjo, elle devient un tout petit peu amère. Véritable bibliothèque vivante, témoin privilégié de l'histoire du Cameroun, le temps n'a pas détérioré les multiples souvenirs enfouis dans sa mémoire. Seulement, elle laisse son interlocuteur sur sa faim. Elle donne l'impression de n'avoir pas tout dit.


Quelle image gardez-vous du Cameroun, 27 ans après votre départ ?

C'est celle du Cameroun que j'ai laissé. Un pays bien. Un pays où les gens ont la joie de vivre. Le Cameroun était sur les rails du développement; il était économiquement solide. Vous conviendrez avec moi qu’entre-temps, beaucoup de choses ont dû changer. C'est normal. Ainsi est faite la vie. Mais en même temps, je dirai que le Cameroun me manque énormément. Ma famille et mes amis y vivent. C'est vrai que certains sont morts et d'autres sont devenus invalides. Mais, ils me manquent tous.

Le Cameroun est un pays que mon mari et moi aimions beaucoup. C'était un endroit merveilleux, un cadre idéal. Nos enfants allaient au Lycée. Babette, notre fille aînée que vous avez rencontrée tout à l'heure, a fait le Cuss (l'actuelle faculté de médecine et sciences biomédicales de Yaoundé, Ndlr). Je garde du Cameroun une bonne image.


Pouvez-vous rappeler aux Camerounais dans quelles conditions vous arrivez au Sénégal ?

Nous sommes partis du Cameroun pour des vacances en France, mais aussi pour les soucis de santé de mon mari. Ahidjo était fatigué, surmené et il avait de plus en plus des pertes de mémoire. Il lui fallait du repos. Il a été admis dans une clinique. Quand son état s'est amélioré, il a voulu rentrer au Cameroun. C'est sur mon insistance qu'il n'y est pas retourné. Ensuite, il y a eu cette fameuse histoire de tentative de coup d'Etat en septembre 1983 où il a été jugé et condamné à la peine capitale par contumace. Là, nous avons compris que nous étions devenus indésirables au Cameroun. On nous a retiré nos passeports. Quand on vous retire vos passeports, c'est qu'on vous retire aussi votre nationalité. Les autorités de Yaoundé avaient décidé que nous n'avions plus rien à voir avec le Cameroun. Nous sommes devenus des sans-papiers.

Heureusement que Ahidjo avait gardé de très bonnes relations avec certaines autorités françaises et avec le Sénégal. Le gouvernement sénégalais nous a offert des passeports. C'est dans ces conditions que nous venons nous installer à Dakar où mon mari avait acheté une modeste villa. Vous voyez bien qu'elle est en contradiction avec l'immense fortune qu'on lui a attribuée.


Comment avez-vous été accueillis par la communauté camerounaise de Dakar ?
Il faut reconnaître que nous arrivons au Sénégal dans un climat de suspicion. Au Cameroun, nous étions devenus des parias. Pour ne pas faire du tord à certains de nos compatriotes, on évitait tout contact avec eux.

On attribuait trop de choses à mon mari. Beaucoup de rumeurs nous parvenaient. Le Cameroun était devenu le pays des "on dit " (sic). On a par exemple dit que Ahidjo avait recruté des mercenaires. Mais pour faire quoi ? Détruire tout ce qu'il avait construit ? Ce n'était pas dans son genre. C'était un bâtisseur. Il ne pouvait pas être sapeur pompier et pyromane en même temps.

Des tentatives de coup d'Etat ont été créées de toutes pièces et on lui collait tout cela sur le dos. L'entourage de Biya, mais aussi celui d'Ahidjo ont contribué à envenimer la situation. Leurs proches ont commis un tas de maladresses, les éloignant progressivement. Les deux communiquaient de moins en moins. Il y avait trop de malentendus, trop de fausses histoires.


Après les tristes événements du 06 avril 1984, quelles étaient vos relations avec les Camerounais que vous croisiez souvent ? En parliez- vous ?

C'est comme je vous l'ai dit tout à l'heure, on voyait très peu de Camerounais` et on évitait de parler politique.

Surtout qu'à Yaoundé, on a fait croire au peuple que c'était Ahidjo l'auteur de ce soulèvement militaire devenu coup d'Etat. Et pour l'illustrer, on a choisi une partie de la conversation qu'il a eue ce matin-là au téléphone avec une journaliste de la radio française Rmc. J'étais présente lors qu’il a reçu le coup de fil. Lorsque la journaliste lui a annoncé qu'il y avait des combats à Yaoundé qui font penser à un coup d'Etat, Ahidjo a dit: "C'est vous qui me l'apprenez". Et elle a ensuite demandé : "Et si c'était vos partisans ?" Sa réponse a été: "Si ce sont les miens, ils auront le dessus".

Curieusement, c'est seulement ce dernier passage que les autorités de Yaoundé ont choisi de faire écouter au peuple. C'était à dessein. Pourtant, nous n'étions même pas au courant de ce qui se passait à Yaoundé. Et même si Ahidjo était au courant de ce qu'il se préparait quelque chose au Cameroun, il n'y était pour rien. On oublie parfois qu'il est parti du pouvoir de lui-même. Personne ne l'a contraint. Pourquoi donc chercher à revenir?


Lorsque vous vous recueillez sur la tombe de votre illustre époux Son Excellence Ahmadou Ahidjo, peut-on avoir une idée de ce que vous vous dites a ce moment-là ?

C'est toujours comme si je lui parlais. Je lui dis qu'il me manque beaucoup. Qu'il manque à ses enfants et à toute sa famille. Nous prions pour lui et nous veillerons toujours sur sa tombe.


S'agissant du rapatriement des restes de votre défunt époux, il se dit dans certains milieux que Paul Biya se vengerait de vous, parce que vous n'étiez pas du tout d'accord qu'il succède au président Ahmadou Ahidjo...

Non non ! Je n'y crois pas du tout. C'est cette affaire de coup d'Etat. Ça les a beaucoup éloignés (Ahidjo et Biya : ndlr). Le jour de l'enterrement d'Ahidjo, tout le corps diplomatique accrédité au Sénégal était présent à la mosquée. Sauf l'ambassadeur du Cameroun. Même le cardinal de Dakar était là. Et lorsque le cortège funèbre est passé devant l'ambassade, c'était le seul chemin qu'on pouvait emprunter, le drapeau du Cameroun n'avait pas baissé d'un seul centimètre. Il n'était pas en berne. Et ça, tout le monde l'a remarqué. C'était choquant pour certains. Le doyen du corps diplomatique de l'époque, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire, qui était également le représentant officiel de Houphouët-Boigny aux obsèques, a cherché à rencontrer son homologue camerounais pour comprendre la situation. Mais en vain, l'ambassadeur ne le prenait même pas au téléphone. Parait-il, les instructions venaient de Yaoundé.


Quels étaient vos rapports avec feue Jeanne Irène Biya, la première épouse de Paul Biya ?

Nos rapports étaient cordiaux. Il n'y avait jamais eu de problèmes entre nous. On avait d'autres sujets de conversation que la politique. Ce n'était toujours pas la première dame et l'épouse du Premier ministre. Nous avions beaucoup de choses en commun. On avait la même formation ou presque. Elle était sage-femme et moi infirmière généraliste en maladies tropicales, donc on se comprenait. On parlait souvent boulot.

Lorsqu'il y avait des problèmes entre épouses des membres du gouvernement, je calmais la situation. Vous savez, chacun a son caractère et c'est parfois difficile à gérer.


Comment réagissez-vous le plus souvent lorsque vous parviennent des informations en bien ou en mal sur Cameroun ?

Lorsque les informations sont bonnes, je suis contente. Et lors­qu'elles sont mauvaises, je suis triste. Je suis Camerounaise, c'est mon pays.

La politique m’a fait trop de mal


L'UNDP (Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès) qui se réclamait de l'héritage politique de feu Ahmadou Ahidjo est aujourd’hui le meilleur allié du RDPC, comment vivez-vous cette alliance ?

Ce sont des politiciens. Ils ont fait un choix qui est le leur, qu'ils en assument la responsabilité jusqu'au bout.


L'un des fils du président Ahidjo fait aujourd'hui partie de la majorité présidentielle, vous a-t-il consultée ?

Notre fils aîné (Mohamadou Ahidjo: Ndlr) m'a dit qu'il a été élu député de l'opposition. Rien de plus. D'ailleurs, ça dépend de ce que vous appelez majorité présidentielle.


S'il vous était donné de rentrer au Cameroun, allez-vous vous engager en politique ?

Non. Je n'ai aucune ambition politique. La politique m'a fait trop de mal.


Si le président Biya était face à vous; que lui diriez- vous ?

Rien. Mais alors rien du tout. Un président de la République n'est pas un homme ordinaire. Je laisse Biya seul face à sa conscience. Seulement, je demande qu'on fasse une réhabilitation officielle de mon mari. On lui a mis trop de choses sur le dos.


Il est des choses qui surviennent à tout un chacun dans son existence, telle la mort. Si jamais cela arrivait, où souhaiteriez-vous être enterrée ?

Partout où Dieu le souhaitera. Contrairement au président AHIDJO, moi je ne suis pas un homme d'Etat. Ce sera à mes enfants de décider.


Un message à l'endroit des Camerounais à la veille de la célébration du cinquantenaire de l'Indépendance et de la Réunification ?

Comme je l'ai dit à un de vos confrères il y a quelques semaines, c'est le moment où jamais de penser à une véritable réconciliation nationale. Il faut réconcilier tous les fils et filles du Cameroun avec leur passé. Cette réconciliation ne peut se réaliser sans la réhabilitation officielle de son premier président, décédé et enterré il y a 20 ans loin de sa terre natale, et le retour de ses restes au pays dans l'honneur et la dignité. C'est un patrimoine national. Il est temps de refermer cette douloureuse page qui a divisé et fait souffrir tant de Camerounais, et Ahidjo en premier.


Et au gouvernement sénégalais ?

Je ne peux que dire merci aux autorités sénégalaises. Elles ont toujours été d'un très grand soutien pour nous. Elles nous ont offert des passeports et c'est grâce à ces passeports que nous pouvons voyager aujourd'hui. Le gouvernement sénégalais assure notre garde et il s'assure toujours que nous ne manquons de rien.

Le nom d'Ahidjo est très respecté ici au Sénégal. Beaucoup de Sénégalais vont souvent prier sur sa tombe. Je dis merci à tous les Sénégalais.


Entretien mené par Jean Calvin Ovono, envoyé spécial à Dakar

Frank Biya succèdera-t-il à Paul Biya? (octobre 2009)

Jamais 3 sans 4. Après la République démocratique du Congo, le Togo et le Gabon d’autres fils de chef d’Etat piaffent d’impatience dans l’antichambre du pouvoir. La formule d’une présidence héréditaire fait désormais recette dans les pays africains. Au Cameroun, la question brûle les lèvres. Frank Emmanuel Olivier Biya succèdera-t-il à Paul Biya ? Personne n’en parle ouvertement, mais tout le monde s’interroge. Assez discret et d’une sobriété légendaire, loin du champ visuel de la politique, le fils aîné du président de la République est différent des autres fils de chef d’Etat, un peu trop présents dans les arcanes du pouvoir. Rien à voir donc avec Jean Sarkozy, Karim Wade, Saïf Al-Islam Kadhafi, Théodoro Obiang Nguéma, Gamal Moubarak….

Franck BIYAIl reste loin des affaires d’Etat et semble ne pas être intéressé par le pouvoir. On ne l’a jamais vu s’impliquer dans la gestion des affaires publiques. Absent des campagnes électorales et autres cérémonies officielles, on l’aura uniquement vu aux côtés de son père au palais de l’Unité, lors des visites des souverains pontifes Cameroun. Pour certains analystes, cette ‘’virginité politique’’ savamment entretenue, peut lui servir d’atout majeur. Le fils du père pourrait se présenter, le moment venu, comme un homme nouveau, épargné des scandales politico financiers qui ternissent l’image de toute classe politique actuelle.

Dans cette ambiance de batailles en sourdine pour la succession au fauteuil présidentiel, les Biyaïstes s’épient, conspirent et complotent continuellement. Les querelles de clochers devenant récurrentes, il est de plus en plus évident que passer le relais à l’un de ces suppôts peut être un danger pour le Cameroun. Arrivés en politique à coup de décrets présidentiels, ces caciques ayant amassé pour la plupart des trésors de guerres considérables, et qui surtout, se détestent mutuellement, sont à mesure de mettre le Cameroun à feu et à sang si l’un d’entre eux damait le pion aux autres.

Certains observateurs avertis de la scène politique nationale soutiennent à cet effet que, seul un homme neutre peut éviter le cafouillage du ‘’marécage abidjanais’’ au pays des ‘’Grandes ambitions’’. Un homme susceptible de se faire accepter par les différentes factions des Biyaïstes, et, aplanir les divergences. Le casting des potentiels successeurs au magistère est très réduit à ce niveau. Contrairement à Chantal Biya qui ne fait pas toujours l’unanimité dans l’entourage du Chef de l’Etat, Frank Emmanuel Olivier Biya apparaît ici comme un joker. Sa nomination comme conseiller du président ou ministre chargé des missions à la présidence était d’ailleurs au menu d’un entretien discret entre Paul Biya et Cavaye Yeguie Djibril, c’était en mars dernier au bord du Lac Leman en Suisse.

Dans certains cercles proches du pouvoir, l’on s’amuse parfois à comparer Frank Emmanuel Olivier Biya à son géniteur de président. C’est le prototype même du chat désintéressé par la souris. Il se met dans la posture de celui qui se laisse porter par l’appel de l’histoire. Il laisse le soin aux autres de prendre des initiatives en sa faveur, et joue à fond sa partition à l’instant indiqué. Des signes avant-coureurs laissent déjà présager que le fils de Jeanne Irène Biya s’attendrait désormais à un avenir ensoleillé. Après une longue période sabbatique, il suit actuellement des cours très accélérés de diplomatie à Genève, après une formation en sciences politiques à Monaco. Dans la même foulée, il apprend désormais à être présent au près de ‘’L’homme lion’’. Le jeune homme fait sa première apparition dans une délégation officielle du Cameroun à l’étranger le 17 octobre 2008.

C’était au dernier sommet de la Francophonie à Montréal au Canada. Lors des derniers séjours du chef de l’Etat en Europe, il aurait rendu visite à son père tous les jours ou presque, s’entretenant parfois avec lui jusqu’à des heures tardives.
La dernière visite à Yaoundé, du candidat déclaré vainqueur de la présidentielle gabonaise du 30 août, Ali Ben Bongo Ondimba, est interprétée par plusieurs analystes, comme un signe fort en direction de Frank Emmanuel Olivier Biya, et de toute la nation camerounaise. Le président Biya a déroulé le tapis rouge et rendu tous les honneurs dus à un Chef d’Etat au fils d’Omar Bongo Ondimba, alors que ce dernier n’a pas encore les attributs de président de République. Bien plus, de mémoire d’homme, jamais Paul Biya n’avait accompagné un invité de marque jusqu’à l’intérieur de l’Hôtel Hilton.

Il y a également belle lurette Paul Biya n’avait plus accueilli un chef d’Etat au perron du Palais de l’unité. Pour certains laudateurs, il y a lieu de retenir plusieurs leçons, en plus de celle la plus répandue :‘’Paul Biya, le nouveau maître de la Françafrique en Afrique centrale’’.

1. Primo, il s’agit de dire à Frank Biya ‘’Yes you can» , et, il y aura quelqu’un pour te tenir le bras comme je le fais avec Ali Ben’’.
2. Secundo, la mobilisation de tous les corps constitués de l’Etat, sous une pluie battante, est un message à l’endroit de toute la camarilla au pouvoir : ‘’Habituez-vous à faire allégeance aux fils des chefs d’Etats, c’est des présidents de la République en devenir, Frank est en route’’.

Signes des temps ou simples supputations ? Seul l’avenir nous le dira.